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- Conférence-débat "Secrets des lacs et tourbières du Cézallier et de l'Artense"
Le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne propose une conférence-débat consacrée aux lacs et tourbières du Cézallier et de l’Artense. Deux intervenants, un universitaire spécialiste des lacs et un étymologiste amateur originaire du Cantal, évoqueront leurs origines et fonctionnement, les légendes qui leur sont associées, ainsi que leur toponymie. Cette conférence sera clôturée par une présentation du label Ramsar pour une reconnaissance d’importance internationale des lacs et tourbières du Cézallier et de l’Artense. Le 2 février 2023, la journée mondiale des zones humides célèbre ces milieux naturels d’intérêt majeur pour l’humanité. Cette année, le Syndicat mixte du Parc des Volcans d’Auvergne s’associe à EPIDOR dans le cadre de la 3e édition des Etats généraux du bassin de la Dordogne pour présenter les lacs et tourbières du Cézallier et de l’Artense sous un nouveau jour, celui des légendes et de l’étymologie. Les lacs du Cézallier ont été très étudiés par la science pour comprendre leurs origines et leur fonctionnement. Mais d’autres textes apportent une dimension littéraire ou légendaire, voire des croyances autour de ces lacs, parfois vénérés ou craints. Michel Meybeck, universitaire spécialiste de l’étude des lacs, s’est aussi penché sur les légendes et histoires qu’ils recèlent. Il contera ces lacs emblématiques qui constituent un patrimoine inestimable, comme le lac Pavin, le lac Chauvet ou le Lac d’En Haut de la Godivelle... Que ce soit en occitan ou en français, les noms de lieux en disent beaucoup sur leurs origines et leur évolution au travers des âges. Les tourbières et lacs n’y échappent pas. Michel Delpuech, étymologiste amateur, a parcouru tous les sentiers du Cantal et s’est intéressé de façon approfondie aux noms des lieux qu’il a traversés. Il racontera l’origine et le sens des noms des lieux, en occitan ou en français. Ainsi il révèlera quelques secrets sur les « Sagnes », « Narses » ou autres « Vergnes » qui nous entourent. Cette conférence sera clôturée par la présentation du label Ramsar pour une reconnaissance d’importance internationale des lacs et tourbières du Cézallier et de l’Artense. Depuis plusieurs années, le syndicat mixte du Parc des Volcans d’Auvergne assure la concertation autour du projet et a produit une synthèse des connaissances. Ce travail réalisé en partenariat avec les acteurs locaux, aboutit aujourd’hui au dépôt de la candidature au label Ramsar. Les agents du Parc des Volcans d’Auvergne présenteront la dynamique en place depuis plusieurs années et les actions programmées. En pratique : Jeudi 23 février 2023 - 17h Salle du foyer rural – 63850 Egliseneuve-d’Entraigues Durée de la conférence : 2h Entrée libre Information : 04 73 65 64 00
- Le massif des Monts Dore se réchauffe
Dans le massif des Monts Dore, la Réserve naturelle nationale de Chastreix-Sancy a commandé une étude sur la caractérisation et l’évolution du climat local. Partout sur la planète Terre, le changement climatique est en marche. Et dans le massif des Monts Dore, aussi ? "Nous voulions intégrer cette notion dans le plan de gestion de la réserve, mais localement nous ne disposions d’aucune donnée permettant de caractériser finement le climat ni d’analyser son évolution sur un temps assez long", explique Thierry Leroy, conservateur de la Réserve naturelle de Chastreix-Sancy. "Nous avons donc décidé de faire appel à un climatologue." Réalisée par Frédéric Serre en hiver 2014-2015, l’étude des données collectées à partir des stations Météo France et leur analyse a été restituée aux responsables de la réserve. Principales conclusions : en soixante ans, la température moyenne de la zone a augmenté de 0,91 °C. L’enneigement est devenu précaire notamment en début et en fin d’hiver ; les épisodes de pluie ont gagné en intensité. Le nombre moyen de jours de gel a baissé de 124 à 113 par an. «Ces résultats vont nous permettre de définir une stratégie de suivi d’espèces et de milieux naturels dont l’évolution dépend essentiellement des conditions climatiques comme, par exemple, la végétation de l’étage subalpin, poursuit Thierry Leroy. Nous allons aussi continuer la collecte de données météorologiques, notamment à partir d’une station d’altitude.» Une initiative qui pourrait donner l’exemple, alors que se tenait en France, à Paris, la fameuse COP 21. «C’est une des rares études réalisées en local, souligne le responsable de la réserve. Sachant qu’il s’agit d’un petit massif isolé géographiquement, cela me semble pertinent pour suivre le réchauffement climatique et ses conséquences.» 3 questions à Frédéric Serre, géographe, auteur de l’étude de climatologie Comment fait-on pour analyser le climat d’un petit territoire ? En climatologie, on s'appuie essentiellement sur les mesures au sol. Or, en montagne et en zone peu peuplée comme ici, le maillage des postes de Météo France est lâche et il peut être intéressant de le compléter, ce que nous avons fait avec l’association Infoclimat en installant un poste à plus de 1 600 m d’altitude au pied du Puy de Sancy. L’autre difficulté concerne la durée des séries de mesure : on considère qu'il faut des séries sur trente ans pour qu’elles soient représentatives du climat moyen. Que montre votre étude ? Elle confirme les grandes tendances qui s’observent à l’échelle globale : hausse des températures, baisse de l’enneigement,... Ces données révèlent aussi de fortes disparités liées à l’altitude, à la topographie, ce qui se traduit par une grande diversité de milieux et d’habitats naturels dans un territoire finalement peu étendu. Elles montrent enfin les liens qui existent entre les aléas climatiques et les risques naturels comme les avalanches, les coulées de boue… Quel est son intérêt ? Une meilleure connaissance des paramètres climatiques locaux soulève des questions importantes pour les gestionnaires d’espace, les développeurs, les élus, les professionnels… avec des enjeux économiques forts, mais aussi environnementaux. Ainsi, la question du devenir des sports d’hiver dans des secteurs de montagne dont l'économie dépend essentiellement du tourisme soulève des inquiétudes, alors que les chiffres confirment une baisse tendancielle de l’enneigement.
- Evolution du climat sur le Massif cantalien
Partant d’observations de terrain et de relevés climatiques, un groupe de travail a associé techniciens du Syndicat mixte du Parc et chercheurs du Conseil scientifique du Parc sur la question de l’avenir des activités de loisirs liées à la neige face aux changements climatiques. Le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne est un territoire de moyenne montagne. Tout comme dans les Monts Dore, les loisirs neige proposés dans les Monts du Cantal participent pleinement au dynamisme économique local. Mais depuis la fin des années 1980, la précarité de l’enneigement augmente et menace la pérennité des activités de loisirs dépendantes des ressources nivales. Face à cette évolution climatique qui a entraîné la cessation d’activités de plusieurs domaines nordiques sur le Parc - dont le Syndicat mixte du Parc était à l’initiative de leur création dans les années 1980-, celui-ci a confié en 2018 la réalisation d’une étude sur ce sujet à Frédéric Serre (Docteur en géographie, enseignant à l’Université de Limoges installé dans le Sancy depuis une dizaine d’années). Portant sur le massif cantalien, l’objectif de cette analyse était bien de cerner les effets du changement climatique sur le territoire montagnard cantalien et d’engager une réflexion autour de l’avenir des activités neige, jusqu’à proposer des scénarios possibles de l’évolution de cette filière. Une hausse sensible des températures et une réalité climatique complexe Entre 1961-1985 et 1986-2010, la hausse des températures annuelles est déjà de 0,2°C / décennie, plus marquée en été et au printemps et atténuée l’hiver (+ 0,12°C / décennie en février) au Claux à 1050 m. En particulier, l’étude met en évidence : . une diminution sévère de la durée d’enneigement entre 1960-1985 et 1986-2010 liée à la hausse des températures . une forte variabilité interannuelle de l’enneigement, avec des hivers très enneigés plus fréquents entre 1986 et 2010 liés à des conditions de circulation atmosphérique atypiques. Les activités neige représentant un enjeu économique important pour le territoire et les emplois cantaliens, cette démarche animée par le Syndicat mixte du Parc des Volcans d'Auvergne a associé plusieurs partenaires : Départements du Cantal et du Puy-de-Dôme offices de tourisme et partenaires de la Charte Européenne du Tourisme Durable Syndicat Mixte du Puy-Mary SAEM Puy Mary Grand site SAEM Super Lioran Développement.
- Ce que révèlent les sols de la Réserve des tourbières du Jolan et de la Gazelle
Composante essentielle des écosystèmes, les sols sont à l’interface entre les roches, la flore et la faune. Une étude réalisée dans la Réserve des tourbières du Jolan et de la Gazelle permet désormais de mieux les connaître. Entre les roches et la vie Les sols naissent de l’altération des roches et évoluent de façon constante sous l’influence des conditions climatiques et de la topographie des sites, mais aussi des organismes qui y élisent domicile. La diversité de ces facteurs et des espèces présentes explique que les sols sont donc des milieuxcomplexes et qu’ils se composent, au fur et à mesure du temps, d’une succession de couches variées. Neuf types de sols présents dans la réserve Le Syndicat mixte du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne est gestionnaire de la Réserve naturelle régionale des tourbières du Jolan et de la Gazelle (Ségur les Villas, Cantal). Récemment, il a confié à deux scientifiques spécialisés le soin d’étudier les sols de ce site particulier, Véronique Genevois-Gomendy et Camille Martin, de Vet’Agro Sup. Grâce à des sondages manuels et la réalisation de deux fosses pédologiques, ils ont mis en évidence la présence de 9 types de sols, distincts du fait de leur texture, couleur, profondeur, composition, capacité de rétention d’eau, pH…. Parmi cette variété de sols, deux retiennent particulièrement l’attention : les Histosols ; représentatifs de la réserve, ces sols sont formés de tourbe qui résulte de l’accumulation dans le temps de matière organique en décomposition dans des conditions humides et pauvre oxygène. les Andosols ; poudreux, ces sols se forment du fait de la nature géologique volcanique des plateaux où se situe la réserve et de leur climat globalement froid et humide. Stockant de façon importante l’eau et la matière organique, ce sont des sols noirs (« ando » venant du japonais : « an » noir et « do », sol). Sols, activités humaines et changement climatique Les sols conditionnent les activités humaines qui y prennent place. Par exemple, selon l’importance de leurs nutriments, les sols permettent une production d’herbe plus ou moins importante pour les éleveurs. Pour le forestier, le choix d’essences adaptées aux sols est nécessaire pour garantir une bonne santé et croissance des arbres. La connaissance des sols et du fonctionnement global des écosystèmes liés est donc importante pour adapter les activités humaines qu’ils accueillent. En retour, celles-ci influencent l’évolution des sols. Un autre facteur pourrait également impacter les sols : le changement climatique actuel. En transformant potentiellement certains composants chimiques des sols, il pourrait changer ses caractéristiques (modification de leur capacité de rétention de l’eau, de la fertilité de la terre...). Mais ces évolutions et leurs conséquences restent à ce stade trop peu connues et devront donc être étudiées plus précisément à l’avenir. Cette étude a été cofinancée par l’Union européenne dans le cadre du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) et l’Agence de l’eau Adour-Garonne.
- Un papillon rare dans la Tourbière de Jouvion
La Tourbière de Jouvion, à Saint-Donat (63), abrite une espèce rare et menacée : le papillon Azuré des mouillères. Pour son développement, ce papillon a besoin de tourbières en bon état écologique, mais surtout d'une chaîne de vie complexe, lui permettant d’accomplir tout son cycle de vie. Ainsi, sans gentiane pnemonanthe et fourmi, pas de papillon. Sur le site de la Tourbière de Saint-Donat - un Espace Naturel Sensible du Département du Puy-de-Dôme -, les études récentes montrent une forte diminution de l’espèce. Aussi, pour assurer son maintien, le Conservatoire d’Espaces Naturels d’Auvergne porte un programme expérimental de génie écologique visant à favoriser, à terme, la présence de la gentiane pneumonanthe sur le site, cette plante hôte indispensable au papillon. Intégrant un plan d’actions en faveur des espèces menacées, cette expérience se poursuit dans le cadre de la gestion de la Tourbière de Jouvion, assurée avec le Syndicat mixte du Parc gestionnaire du site pour le compte du Département du Puy-de-Dôme. BILAN DE L'OPÉRATION Les conclusions de cette expérience, tirées par le Conservatoire d’Espaces Naturels d’Auvergne, sont disponibles dans : . la Lettre d'information du Pôle relais tourbières n°105 . un rapport complet.
- Découverte ludique de la nature dans les Espaces Naturels Sensibles
Une découverte ludique et conviviale de la faune des tourbières, milieux emblématiques du Parc, de la Tourbière de Jouvion, gérée par le Syndicat mixte du Parc des Volcans d'Auvergne. Retour en images. Gérée par le Syndicat mixte du Parc des volcans d’Auvergne pour le compte du Département du Puy-de-Dôme, la Tourbière de Jouvion fait l’objet de nombreux travaux d’études et d’inventaires. Afin de restaurer sa valeur biologique, une gestion raisonnée et concertée est menée pour favoriser l’accueil d’une faune et d’une flore spécifique au site. Lors de la Fête de la nature de mai 2017, tout comme sur les autres Espaces Naturels Sensibles (ENS) du Département du Puy-de-Dôme, le public a été accueilli sur le site : des ateliers découverte de la nature ont été proposés aux visiteurs pour mieux connaitre et comprendre ses spécificités. Dans ce cadre, l’atelier cerf-volant animé par Emmanuel Baccharach de l’association Cultive ton Ciel a permis aux petits et aux grands de fabriquer leur propre cerf-volant, en s’inspirant parfois de la faune sauvage locale, mais aussi de découvrir lors de la visite de terrain la manipulation de leurs créations et de mieux connaitre les secrets des tourbières. Concernant les animations de la Tourbière de Jouvion, mais aussi l'ENS "La Forêt de la Comté", le Conseil départemental a tourné un film pour présenter ces moments de découverte pas comme les autres :
- Une forte augmentation des papillons suite à des travaux forestiers
Après trois années d’intenses travaux de restauration écologique et paysagère dans la plantation d’épicéas de 46 ha au cœur de la vallée de la Fontaine salée dans le massif du Sancy, une première étude examine les impacts sur les papillons de jour (rhopalocères). En 2015, des travaux d'enlèvement d'épicéas ont été réalisés au sein de l’Espace naturel sensible de la Montagne du Mont (Département du Puy-de-Dôme) afin de restaurer son caractère paysager et de favoriser sa biodiversité. Premiers résultats encourageants pour la faune : une étude réalisée dans l’Espace naturel sensible de la Montagne du Mont (département du Puy-de-Dôme) et la Réserve naturelle nationale de Chastreix-Sancy montrent bien une forte progression du nombre d’espèces et des effectifs de papillons dans les milieux naturels qui ont bénéficié des travaux forestiers et un maintien dans les secteurs non soumis aux travaux. Les milieux naturels qui accueillent l’augmentation la plus forte sont ceux qui ont bénéficié des coupes rases il y a 2 ans : en moyenne 14 espèces et 39 individus en 2016, contre 7 espèces et 19 individus en 2003, soit un doublement de la densité. Ensuite viennent les coupes rases âgées de 1 an avec une augmentation d’un tiers de la densité de papillons, puis les chemins et layons forestiers dont les alentours ont été éclaircis. Les milieux naturels non soumis aux travaux, comme les clairières tourbeuses ou les lisières, voient leur richesse et leur effectif se maintenir, avec environ 15 espèces pour 40 individus. L’intérieur de la plantation qui n’a pas bénéficié d’éclaircie reste toujours très pauvre en papillons, avec moins de deux espèces et de deux individus en moyenne. Ces premiers résultats confortent donc les orientations de gestion prises à savoir la création d’un paysage naturel mixte, hétérogène, alternant milieux ouverts et fermés – boisements, prés-bois, clairières et milieux ouverts, avec beaucoup de lisières - assurant des connexions entre les espèces animales et végétales et riche en biodiversité. D’autres études sont en cours, par exemple sur la végétation, les arbres, les criquets et sauterelles… Elles permettront d’évaluer la pertinence écologique des travaux réalisés et de mesurer le niveau d’atteinte des objectifs fixés.
- Trombinoscope de vipères péliades et de reptiles de la réserve naturelle de Chastreix-Sancy
La première année d’inventaire des reptiles et de la vipère péliade dans la réserve naturelle nationale de Chastreix-Sancy, gérée par le syndicat mixte du Parc des Volcans d'Auvergne, a livré ses résultats : 7 espèces recensées et 46 individus de vipère péliade recensés. Deux espèces sont citées avec certitude pour la première fois. Il s’agit : du lézard des souches, un discret lézard de montagne, dont un seul individu a été observé sur le plateau de la Masse et de la coronelle lisse, une petite couleuvre inoffensive et très discrète, dont deux individus ont été notés sur les rebords caillouteux du plateau de la Masse. Les autres espèces sont : la couleuvre à collier, dont les observations sont régulières sur les tourbières du plateau de la Masse l’orvet le lézard des murailles, très commun en France, mais finalement peu présent sur la réserve car trop en altitude le lézard vivipare, reptile le plus abondant la réserve (il a été noté 279 fois en 2016 par l’équipe de prospecteurs). Enfin, la vipère péliade a fait l’objet d’une attention particulière, car il s’agit d’un reptile très menacé, classé vulnérable sur la liste rouge française, dont les populations sont en déclin en France. Les spécimens ont été systématiquement capturés, afin de photographier la tête, dont les écailles forment des motifs propres à chaque individu, véritable carte d’identité. Un trombinoscope de 46 vipères a été ainsi réalisé, afin d’essayer de les retrouver les années suivantes et donc de suivre leur évolution et leur biologie. Cet inventaire a bénéficié de 20 journées de prospection, réalisées par Frédéric Durand et Thibaud Delsinne, de la société d’histoire naturelle Alcide d’Orbigny. Il est soutenu financièrement par la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes et l’Union européenne dans le cadre du FEDER. Il se poursuivra en 2017 et 2018. Co-financée par l’Union européenne dans le cadre du FEDER et par le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie / DREAL Auvergne-RhôneAlpes, cette étude a été réalisée par la Société d’histoire naturelle Alcide-d’Orbigny (Frédéric Durand et Thibaut Delsinne), pour le compte du Syndicat mixte du Parc des Volcans d’Auvergne, dans le cadre de la gestion de la réserve naturelle nationale de Chastreix-Sancy.
- Chastreix-Sancy : une centaine de vipères péliades recensées
Depuis juillet 2016, Frédéric Durand, spécialiste de la vipère péliade de la Société d’Histoire Naturelle Alcide d’Orbigny (SHNAO), parcourt inlassablement la Réserve naturelle de Chastreix-Sancy afin d’y inventorier la vipère péliade. A ce jour, une centaine d'individus recensés ! Pour chaque individu sont effectuées une identification du sexe et de l’âge, une photo de la tête et une localisation GPS. Véronique, Océane, Félicie … chaque spécimen s’est vu attribuer un petit nom. La photographie de la tête permet une identification individuelle, grâce à la disposition des écailles. La localisation par GPS, quant à elle, permet de mesurer les déplacements en cas de recapture. Avec 99 individus, la population semble assez belle et bien portante. Elle est, pour l’instant, moindre que sur la Réserve naturelle voisine de la Vallée de Chaudefour, où 430 individus sont recensés depuis une dizaine d’années. La population de Chastreix-Sancy semble plus diffuse, malgré plusieurs points de concentration. Pourquoi une telle étude ? La vipère péliade est une espèce boréale (Nord de l’Europe) emblématique du Massif central. Elle est présente dans trois départements de l’Auvergne grâce à des milieux naturels préservés. Elle subit actuellement une forte régression et a été classée comme « vulnérable » dans la liste rouge nationale. Les causes de son déclin résident dans la dégradation de ses habitats et le changement climatique. Les Réserves naturelles de Chastreix-Sancy et de la Vallée de Chaudefour serviront probablement de zones refuges pour assurer la survie de la vipère péliade et des autres espèces de milieux froids et de zones de suivi et d‘expérimentation pour mesurer les évolutions de population. Étude financée par l’Union européenne (FEDER) et par le ministère de l’écologie/DREAL Auvergne.
- L’Apollon arverne, emblème du Sancy, sous surveillance
Entre 2009 et 2016, 262 individus d’Apollon ont été comptabilisés sur la Réserve naturelle de Chastreix-Sancy. Facile à reconnaitre avec sa grande taille, son vol lent et ses ailes blanc-jaunâtre, tachées de noir et ponctuées de grands ocelles rouges, l’Apollon est un papillon emblématique des montagnes, y compris sur la réserve naturelle nationale de Chastreix-Sancy qui accueille une sous espèce endémique d’Auvergne : l’Apollon arverne (Parnassius apollo arvernensis ). Du fait de plusieurs facteurs (isolement des populations, déprise agricole, changements climatiques, surpâturage…), un déclin des populations est observé tant à l’échelle européenne que nationale et auvergnate. Le papillon est ainsi considéré comme « vulnérable » à l’échelle mondiale et identifié comme « en danger » en Auvergne. Une veille a été mise en place depuis 2009 sur le territoire de la réserve naturelle afin de mieux connaitre cette espèce emblématique et tenter de comprendre son fonctionnement. Des comptages sont réalisés au moins une fois par an sur les secteurs les plus prisés par l’Apollon et toutes les observations réalisées sur le territoire de la réserve naturelle sont consignées. Entre 2009 et 2016, 262 individus ont ainsi pu être notés avec un maximum de 78 Apollons vus en 2012 ! Les résultats obtenus démontrent un net déclin des populations du massif du Sancy depuis les années 1990 pendant lesquelles des populations de centaines d’individus ont été décrites. Le nombre d’Apollons observés sur la réserve naturelle est cependant resté relativement stable durant la période de veille de 2009 à 2016.
- Une saison d’études dans les Sagnes : les oiseaux nicheurs
Jusqu’en 2016, aucun protocole de suivi annuel des espèces à enjeu n’existait sur la Réserve naturelle nationale des Sagnes de La Godivelle. Seules des observations quotidiennes et aléatoires étaient réalisées. Désormais, un suivi régulier est assuré. Un suivi des oiseaux nicheurs, consistant à se déplacer le long d’un parcours sur la tourbière du Lac d’en Bas, a ainsi été mis en place. L’observateur s’arrête aussi sur 6 points stratégiques tous les 300 - à -500 mètres pour mieux repérer les oiseaux à l’aide d’une longue vue. 5 passages sont effectués chaque année afin d’augmenter les chances de contacter les espèces concernées et déterminer plus précisément les territoires des différents individus. La démarche vise à : dénombrer les territoires des espèces à enjeux mesurer l’impact d’actions de gestion sur les couples observer l'évolution de peuplements avifaunistique présents sur la réserve naturelle. Les espèces cibles de suivi sont multiples : la Locustelle tachetée (Locustella naevia ) le Tarier des prés (Saxicola rubetra ) le Pipit farlouse (Anthus pratensis ) le Pouillot fitis (Phylloscopus Trochilus ) le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus ) la Linotte mélodieuse (Carduelis cannabita) la Pie-grièche crise (Lanius excubitor ) Parmi ces oiseaux, la Pie-grièche grise est observée chaque année, y compris en 2018 où 3 jeunes de Pie-grièche grise on été observés sur la zone d’étude une donnée très intéressante et encourageante pour le maintien de l’espèce sur le territoire du Parc des Volcans. Elle chasse des insectes et autres petites proies que parfois elle empale sur les épines d’arbustes ou même sur les fils barbelés. Encore régulière en moyenne montagne dans le Puy-de-Dôme, ses populations ont tout de même régressé ces 20 dernières années du fait des changements de paysages agricoles. Les prairies extensives du Cézallier et les espaces protégés comme la Réserve naturelle des Sagnes de La Godivelle permettent encore à des petites populations de se maintenir.
- 94 espèces d’hyménoptères inventoriées à Chastreix-Sancy
Pour la deuxième année consécutive, un inventaire de sept familles d’hyménoptères a été réalisé sur la réserve naturelle de Chastreix-Sancy : abeilles, guêpes et bourdons, étendue depuis cette année aux fourmis... Ces insectes s'avèrent être des indicateurs importants de la biodiversité. S'agissant d'un ordre d’insectes regroupant les guêpes, fourmis…, 806 individus hyménoptères ont été collectés sur un total de 94 espèces. Ce sont des chiffres assez importants pour des espèces qui, normalement, préfèrent les ambiances chaudes des plaines et des vallées. Ces insectes renseignent aussi sur la qualité des milieux naturels et la complexité des chaines alimentaires. La famille des pompiles regroupe des guêpes solitaires prédatrices qui capturent des araignées pour nourrir leurs larves ; ce sont donc des prédateurs de deuxième niveau. 16 d'entre elles ont été identifiées dans la réserve, dont deux citées pour la première fois en Auvergne et 3 autres très rares en France (deux à trois citations seulement). Et ont également été identifiées 59 espèces de la famille des spheciformes, qui sont des hyménoptères solitaires chassant d’autres arthropodes pour nourrir leurs larves. Deux plantes à fleurs, l’angélique des bois et le pétasite, très présentes dans la forêt de la Montagne du Mont grâce aux travaux forestiers, attirent particulièrement ces insectes. En 2018, une troisième et dernière année viendra compléter cet inventaire, original et rarement réalisé en France. Étude financée par le Ministère de l’écologie et par des fonds européens (FEDER) et réalisée par la Société d’Histoire naturelle Alcide d’Orbigny.














